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Histoires oubliées est une série documentaire qui s'inspire de faits authentiques, d'événements marquants gravés dans notre mémoire collective.

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Encyclopédie collective / Série IV / Van Bruyssel

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Van Bruyssel

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Maison de Van Bruyssel

C’est en 1905 que Ferdinand Van Bruyssel, tout à la fois diplomate, explorateur, promoteur et écrivain, décida de fonder la Belgo Canadian Pulp Co, une compagnie de pâtes et papiers.

Belge d’origine, ce pionnier installa son entreprise à la frontière de la Haute-Mauricie et du Lac-Saint-Jean. Il choisit le site en fonction des multiples possibilités offertes par le Saint-Maurice. Ainsi, la compagnie allait prospérer et faire de l’endroit où elle s’était installée le centre névralgique d’une importante activité forestière.

Au fil des ans, un hameau s’édifia, où des familles vécurent en quasi-autarcie jusqu’à sa fermeture en 1967. Nommé Van Bruyssel en mémoire de son fondateur, on y trouve encore aujourd’hui une partie de ce domaine, sauvé de l’oubli par Jean Larivière qui s’y installa avec sa famille.

Complément d’information

La rivière Saint-Maurice

Rivière Saint-Maurice et chemin de fer

La Mauricie doit son nom à la rivière qui traverse son territoire sur quelque 560 kilomètres : le Saint-Maurice. Si les Amérindiens la remontaient pour pénétrer dans les terres dès le IIe siècle, il faudra attendre longtemps avant qu’un homme blanc ne la découvre dans sa totalité.

Jacques Cartier comme Champlain s’y essayèrent, mais furent arrêtés par des rapides, à l’endroit précis où l’on érigera les Forges du Saint-Maurice en 1730. Les Forges furent la première industrie sidérurgique canadienne.

Le Père Buteux, un jésuite, fut le premier Blanc à remonter le Saint-Maurice jusqu’à sa source, en 1651. Il fallut ensuite attendre jusqu’en 1829 pour approfondir la connaissance de la région avoisinante, lorsque le Bas-Canada finança la prospection du territoire mauricien, puis, en 1847, son arpentage.

De l’avis général, on considéra la région impropre à la colonisation, surtout en raison de la pauvreté de ses terres. Cependant, son potentiel hydroélectrique et ses ressources ligneuses en favorisèrent l’essor, attirant les industries métallurgiques et les compagnies forestières.

Complément d’information

L’exploitation forestière en Mauricie

Paysage de la Mauricie

Le peuplement de la Haute-Mauricie découla directement de la commercialisation du bois qui s’y trouvait, même si les forêts mauriciennes étaient peu riches en pin. L’Angleterre convoitait cette essence, recherchée entre autres pour la construction des mâts de bateaux.

Si Philémon Wright bûchait dans l’Outaouais depuis 1806, faisant descendre son bois par la rivière et l’envoyant outremer à partir de Québec, c’est en fait le blocus napoléonien qui donna le coup d’envoi à l’exploitation forestière de la Mauricie, puisque les Anglais se voyaient contraints de s’approvisionner dans les colonies.

Parce que la commercialisation du bois était freinée par les chutes du Saint-Maurice, on dut, dès 1852, aménager la rivière afin d’en faciliter la descente. À la même époque, l’Angleterre avait révoqué ses tarifs préférentiels, ce qui porta un dur coup à l’industrie.

La drave

Rivière Saint-Maurice

Les nécessités du commerce forestier ont imposé aux hommes d’inventer des moyens ingénieux afin de transporter les arbres coupés. C’est ainsi que la drave est devenue une pratique courante.

Suivant le courant, elle permettait d’acheminer le bois qui avait été abattu durant l’hiver. Aidés par le glissement que permet la neige, les bûcherons entassaient leur récolte à la décharge des lacs. Au retour du printemps, la fonte des glaces entraînait les billots jusqu’à la rivière, qu'ils descendaient ensuite.

Des draveurs, aussi agiles que courageux, devaient faciliter l’acheminement des rondins et éviter les embâcles, sautant d’un billot à l’autre pour les maintenir dans le droit chemin, parfois au risque de leur vie.

Lorsque les billes arrivaient dans des rivières plus vastes, elles étaient attachées ensemble pour devenir des radeaux, aussi appelés « cages ». Conduits jusqu’à destination par les « cageux », ces radeaux devaient parfois être désassemblés à l’approche des rapides.

La drave perdit en popularité à mesure que se développa le transport ferroviaire et routier. Sur le Saint-Maurice, elle cessa définitivement en 1995. Il fallut trois ans pour purger la rivière des résidus de bois qui s’y étaient accumulés et qui la souillaient.

La drave sur le Saint-Maurice

Rivière Saint-Maurice

Dans les années 1870, on faisait descendre environ un million de billots de bois sur la rivière Saint-Maurice à chaque printemps. Il ne fallut donc que peu de temps avant que le bon bois de sciage ne vienne à manquer.

L'exploitation forestière en Mauricie

Coucher de soleil

Au plus fort de l’exploitation forestière, les réserves de pins s’épuisèrent assez rapidement sur le territoire mauricien, mais celui-ci regorgeait encore d’épinettes. Si la Grande-Bretagne boudait cette essence, l’accroissement des besoins américains encouragea l’industrie du bois de construction et participera de la multiplication des scieries.

Aussi, la demande en papier stimula le développement de la Mauricie : celle-ci fit ses choux gras de la commercialisation de la pâte de bois. Ainsi, au tournant du XXe siècle, plusieurs papetières s’installèrent le long du Saint-Maurice, entraînant à leur suite l’édification de nombreux villages. Ce fut le cas de la Belgo et du hameau de Van Bruyssel.

L’apogée du commerce forestier fut atteint dans le premier quart du XXe siècle, entre autres avec l’apparition de la presse à grand tirage. Les besoins toujours croissants en papier journal transformèrent la Mauricie en un bouillonnant centre d’activité.

Les conséquences de la drave

Bois flottant sur l'eau (Vancouver)

La pratique de la drave, parce qu’elle fut une importante source de pollution, causa de sérieux dommages aux rivières. En effet, elle entraînait l’érosion des berges, accumulait des tonnes et des tonnes d’écorce dans les fonds, ce qui nuisait au frayage, et pouvait même libérer des substances nocives. Bien sûr, elle causait aussi des désagréments pour les plaisanciers.

La surexploitation des forêts québécoises

Billots de bois

La forêt a souvent été menacée par les coupes, mais la mécanisation des procédés advenue après la Deuxième Guerre en a multiplié les effets dévastateurs, tant sur la quantité de bois prélevé que sur la biodiversité et l’état des sols.

On estime que, chaque année, 240 millions d’arbres sont abattus au Québec. Si ce chiffre impressionne, le fait que l’État n’en retire aucun profit aggrave encore la situation.

En effet, le système actuel de contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) donne des droits de coupe aux compagnies, qui payent des redevances sur ce qu’elles exploitent.

Par ailleurs, les crédits redonnés aux industries pour les divers travaux qu’elles effectuent sont défrayés par les contribuables et, ironiquement, s’élèvent au-dessus des sommes perçues en redevances. Autrement dit, l’État doit débourser afin que certaines compagnies puissent mettre à sac la ressource !

La gestion des ressources forestières au Québec

Forêt québécoise

Bien que l’État québécois soit responsable de la gestion des forêts depuis 1973, il n’en demeure pas moins que ce sont les compagnies forestières qui se chargent de veiller sur la régénération de la ressource.

Les risques sont grands pour la survie du bien public lorsqu’une industrie est en position de conflit d’intérêts, occupant tout à la fois la charge de la commercialisation et celle de la conservation. C’est ainsi que, bien souvent, la première triomphe aux dépens de la seconde.

Le ministère des Ressources naturelles gère les quelque 92 % des forêts qui appartiennent à l’État. Quant au ministère de l’Environnement, il ne joue qu’un rôle assez limité dans le dossier.

Les forêts saignées à blanc

Billots de bois

Non seulement les coupes dites « sélectives » ne laissent souvent que peu d’arbres derrière elles, mais la machinerie utilisée compresse le sol et empêche la saine irrigation, ce qui, en bout de ligne, affecte considérablement la régénérescence.

De plus, le reboisement des zones coupées n’utilise souvent qu’une seule essence (monoculture), ce qui détruit la biodiversité et affaiblit les résistances de la forêt.

Dans la foulée de l’Erreur boréale, l’opinion publique réclama une commission d’enquête, laquelle finit par recommander, sous l’égide du ministre Brassard, une exploitation accrue !

Le gouvernement Charest, lui, avait promis d’augmenter les aires soustraites aux activités industrielles à 8 % d’ici 2005. Même si les écologistes affirment que moins de 3 % du territoire québécois est présentement à l’abri (c’est 9 % en Ontario), le gouvernement tergiverse encore.

Le Forest Stewarship Council

Rivière Saint-Maurice

Au Canada, il existe une certification écologique garantissant que l’exploitation forestière se fait dans une perspective de développement durable et dans le respect de l’écologie, assurant ainsi la pérennité de la ressource et la préservation de la biodiversité.

Cette certification en bioforesterie, le Forest Stewarship Council (FSC), est encore peu répandue au Québec (0,07 % des forêts sont ainsi exploitées). Cependant, elle garantit des pratiques commerciales en conformité avec la conservation des écosystèmes et le développement durable.

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