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Encyclopédie collective / Série IV / S. Guité La force tranquille

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S. Guité La force tranquille

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Rocher Percé

Née en 1927, l’artiste et sculpteure Suzanne Guité n’avait pas encore dix ans lorsque sa famille vint s’installer dans le charmant village de Percé. On dit qu’au moment même où elle aperçut le Rocher, elle sut que son destin serait de façonner la matière.

Avec son mari, Alberto Tommi, elle vient s’établir à Percé, y fondant une famille en plus d’y ouvrir un centre d’art multidisciplinaire, dans le courant de l’effervescence culturelle inhérente à la Révolution tranquille.

Puis, en 1959, Alberto Tommi meurt, laissant Suzanne seule pour élever les enfants, faire fonctionner le centre et poursuivre sa création. C’est ce qu’elle fit jusqu’au 6 février 1981, date fatidique de son assassinat.

Cette fin tragique faucha une artiste de grand talent, dont la portée de l’œuvre englobe le fait d’avoir transformé Percé en un creuset de la vie artistique.

Le Centre d’art de Percé

Centre d'art de Percé

C’est en 1956 que Suzanne Guité et son mari Alberto Tommi ouvrirent le Centre d’art de Percé, un foyer artistique multidisciplinaire diffusant peinture, sculpture, métiers d’art, théâtre, cinéma et chanson. Installé dans une vieille grange de style normand que le couple avait restaurée, le centre regroupait une salle d’exposition, un petit théâtre, un cinéma ainsi que des locaux pour dispenser des ateliers.

Plusieurs disciplines artistiques y étaient enseignées, souvent par des professeurs bénévoles venus leur prêter main-forte. Des artistes importants ont gravité autour du lieu, et l’endroit, devenu quasi mythique avec le temps, doit sûrement une partie de sa renommée à l’effervescence culturelle qui balayait simultanément l’ensemble du Québec et qui allait insuffler un mouvement social beaucoup plus large : la Révolution tranquille. Le centre ferma ses portes à la suite de la mort de Suzanne Guité.

La grange du Centre d’art de Percé

Restaurant-bar

La grange achetée par Suzanne Guité et Alberto Tommi, aujourd’hui le Centre d’art de Percé, avait appartenu à Charles Robin, un célèbre commerçant de morue qui l’avait érigée en 1780. Après avoir été laissé à l’abandon, le bâtiment historique a été transformé en resto-bar.

Les artistes de Percé

Oiseau

Si la ville de Percé est considérée depuis longtemps comme un lieu de rassemblement touristique pour les estivants, avec l’ouverture du Centre d’art, sa vocation de foyer culturel s’affirma. Plusieurs artistes québécois s’y retrouvaient une fois les beaux jours revenus.

Sans prétendre à l’exhaustivité, mentionnons que l’endroit accueillit, outre les œuvres de ses propriétaires, celles de Françoise Bujold, Marcelle Ferron, Roland Giguère, Rita Letendre, etc. La chanson québécoise ne fut pas en reste : y défilèrent les Leclerc, Ferland, Lévesque, Julien, Léveillée et plusieurs autres.

Aussi, le centre projetait les films de réalisateurs importants, tels Bergman, Antonioni, Bresson, Visconti, etc. Bien des comédiens foulèrent les planches du théâtre, donnant vie aux pièces de Jacques Languirand, mais aussi à celles de Duras, Ionesco, Cocteau, Pirandello et Beckett.

Suzanne Guité

Murale de Suzanne Guité

Suzanne Guité, surtout reconnue pour ses sculptures, pratiquait aussi la peinture et la murale. Cette dernière technique a été perfectionnée lors de ses fréquents séjours au Mexique. Sa plus célèbre murale, La justice est l’espoir de l’homme, loge au Palais de justice de New Carlisle.

L’influence du rocher Percé

Rocher Percé

Par la magnificence de son paysage et le célèbre rocher qui le distingue, Percé a toujours inspiré ses visiteurs. Ainsi, les nombreux artistes qui se sont rendus dans la ville n’ont pas manqué de le remarquer, croquant en peinture, en photo ou par écrit cette grande œuvre de la nature.

Parmi les plus connus, on compte le peintre Marc-Aurèle Fortin, qui a souvent dessiné ses paysages.

C’est aussi le cas de Paul-Émile Borduas qui, en 38, fut envoyé en mission photographique afin d’inventorier certaines installations. À bien regarder ses photos, on y retrouve une composition préfigurant celle de ses tableaux.

Quant à André Breton, le poète surréaliste, il a lui aussi été influencé par le décor lors de son passage en 1944. Il y fait référence dans son récit Arcane 17.

Les premiers dessins de Percé

Premier dessin du rocher Percé

Au moment de la Conquête anglaise, en 1760, l’artiste militaire Hervey Smyth fait publier, à Londres, les tout premiers dessins de Percé. Fait étonnant : à l’époque, le rocher possédait deux trous !

Gaston Miron

Gaston Miron

Né à Sainte-Agathe-des-Monts en 1928, Gaston Miron fit des études en sciences sociales avant que s’impose à lui son destin de poète. Il participa à la fondation de l’Hexagone et dirigea longtemps cette maison d’édition dédiée à la poésie québécoise.

Sans cesse tiraillé entre l’implication sociale et le besoin d’écrire, sa poésie est en soi un acte politique : elle pourfend la dépossession des Québécois et soutient, avec un rare engagement, la cause indépendantiste.

Dans L’homme rapaillé, œuvre majeure publiée en 70, la fougue du langage renvoie à l’histoire de tout un peuple, portant en ses résonances les plus profondes les traces d’une aliénation, contre laquelle il s’insurge en clamant la nécessité de se libérer et de s’approprier enfin le territoire d’un pays encore à faire. Gaston Miron est décédé en 1996.

Pauline Julien

Pauline Julien

Native de Trois-Rivières, Pauline Julien vit le jour en 1928. Très tôt, elle sut qu’elle se destinait à une carrière dans le spectacle.

Tout à la fois interprète, auteure-compositrice et comédienne, cette fougueuse artiste connaîtra un vif succès ici comme en France. Engagée corps et âme dans la chanson comme dans la vie, elle milita ardemment pour la souveraineté politique du Québec et pour la cause des femmes.

Au cours de sa carrière, elle enregistra une vingtaine de disques, prêtant sa voix et son légendaire talent d’interprétation aux plus belles chansons québécoises et françaises. Elle composa aussi une trentaine de pièces. Celle qui avait « l’âme à la tendresse » épousa Gérald Godin.

Gérald Godin

Gérald Godin

À la fois poète, journaliste et homme politique, Gérald Godin vivait l’engagement sur une base quotidienne. Élu député péquiste contre Bourassa en 1976, il occupa entre autres les fonctions de ministre de l’Immigration, des Affaires culturelles et des Communautés culturelles, et fut responsable de la loi 101.

Surnommé « le poète de l’Assemblée nationale », il défendit toujours vertement la langue québécoise et l’indépendance, mais aussi le respect des gens ordinaires et l’intégration des immigrants dans une société qu’il voulait « meilleure, libre, ouverte et accueillante ».

Sa poésie vise à rejoindre tout un chacun par sa clarté et affirme la fierté de l’identité et de la « parlure » québécoises. Gérald Godin rencontra Pauline Julien en 1962. Il passera sa vie avec elle et lui écrira aussi quelques textes de chansons. Il mourut en 1994.

La Maison du pêcheur

Maison du pêcheur

Pendant que, d’un côté, le Centre d’art de Percé offrait des ateliers artistiques, diffusait des spectacles et exposait des œuvres, non loin de là, la Maison du pêcheur ouvrait ses portes. Sous la gouverne de Paul Rose, la première auberge de jeunesse québécoise fut érigée en 1969 afin de permettre aux étudiants et aux travailleurs à faible revenu de séjourner dans ce magnifique lieu de villégiature.

L’endroit, aussi associé aux belles années du mouvement de la contre-culture, sera à jamais identifié à la cellule Chénier, qui s’y rencontrait. Lors des célèbres événements de la crise d’Octobre, cet organe du Front de libération du Québec (FLQ) fut responsable de l’enlèvement et du décès du ministre Pierre Laporte.

Les artistes durant la Crise d’Octobre

Arrestations durant la Crise d'octobre

Pour la seule raison qu’ils soutenaient publiquement la cause de l’indépendance du Québec, Miron, Julien et Godin furent arrêtés sans mandat et emprisonnés durant les événements d’Octobre, comme près de 500 autres personnes.

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