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Histoires oubliées

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Histoires oubliées est une série documentaire qui s'inspire de faits authentiques, d'événements marquants gravés dans notre mémoire collective.

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Encyclopédie collective / Série IV / Moi, j’veux devenir une soeur…

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Moi, j’veux devenir une soeur…

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Organiste

Si l’Église a longtemps occupé une place prépondérante dans la société québécoise, elle a perdu autant de reconnaissance sociale que de terrain depuis la Révolution tranquille.

De nombreux croyants ont déserté les rangs, mais aussi des sœurs et des membres du clergé, laissant les quelque 160 communautés religieuses encore en activité aux prises avec un défi colossal.

Mais en dépit d’une profonde crise de la foi, du vieillissement des effectifs religieux, du peu de novices ainsi que de la disparition appréhendée des communautés telles qu’on les connaissait jusqu’alors, les 12 000 religieuses du Québec vont continuer d’œuvrer dans l’ombre, poursuivant leur mission évangélique.

Les œuvres des religieuses

Religieuse

Avant la modernisation de l’État québécois et sa prise en charge des services sociaux, ce sont les communautés de religieuses qui endossaient la responsabilité de la santé (hôpitaux, instituts psychiatriques, orphelinats), de l’éducation et de l’aide sociale.

Si certaines façons de faire ont été critiquées depuis, il n’en demeure pas moins que ces femmes travaillaient bénévolement, prenant à leur charge des secteurs d’activité qui relèvent maintenant de l’État. Ici comme ailleurs, les religieuses prodiguaient des soins essentiels et s’occupaient des plus démunis.

Même si leur condition ecclésiastique les soumettait à l’autorité de l’Église, elles furent paradoxalement les premiers modèles de femmes professionnelles. Souvent plus instruites que la moyenne, elles ont longtemps été les seules à enseigner aux jeunes filles.

Les religieuses dans les écoles

Ancienne petite classe

Dans les années 60, quelque 64 % des postes de direction d’école étaient occupés par des religieuses. Ce chiffre relativement élevé met en lumière la forte présence de celles-ci dans le milieu de l’éducation, mais aussi la position d’autorité qui leur échut bien avant l’avènement du féminisme.

La modernisation de l’Église catholique

Église

En 1962, le concile Vatican II initia une modernisation de l’Église catholique, levant l’obligation de porter l’uniforme religieux, permettant les messes en langue vernaculaire et ouvrant l’Église aux laïcs ainsi qu’à un œcuménisme plus large.

Néanmoins, au Québec, le renouveau de la doctrine du Saint-Siège se confronta aux idées progressistes de la Révolution tranquille. En fait, un véritable fossé s’était creusé entre les valeurs religieuses et civiles, fossé aggravé par un ressentiment né de la quasi-omnipotence et de l’autoritarisme de l’Église durant ces années que l’on qualifia ensuite de « grande noirceur ».

Puisque la Révolution tranquille reposait sur la déconfessionnalisation de la société, plusieurs domaines d’action relevant de l’Église furent étatisés et l’institution religieuse s’en trouva progressivement marginalisée. Plusieurs membres renoncèrent à leur vocation et migrèrent de l’espace sacré au profane.

Le Vatican

Vatican

Le Vatican est le plus petit État au monde. Il fait 0,44 km2 et compte environ 900 habitants. La souveraineté du Vatican fut instaurée par les accords du Latran, conclus entre le Saint-Siège et Mussolini en 1929. Le pape dispose d’un pouvoir absolu et le Vatican siège à l’ONU.

Le conservatisme de l’Église

Intérieur d'une église

Si l’Église a vu se désister plusieurs de ses fidèles, c’est peut-être entre autres parce que les valeurs qu’elle prône, souvent réactionnaires, choquent les courants dominants des sociétés occidentales. Par exemple, malgré des problèmes médicaux évidents et des risques de pandémie, elle refuse toujours de permettre la contraception.

Cette attitude nuit à la diminution du taux d’infection par le sida alors que les ravages de la maladie, eux, croissent continuellement.

Aussi, le Saint-Siège pourfend l’avortement (même en cas de viol), vilipende l’homosexualité, interdit le divorce, dénonce la sexualité hors mariage et s’oppose à l’ordination des femmes ainsi qu’au mariage des prêtres.

Résultat : plusieurs ne se reconnaissent pas dans cette vision du monde et quittent l’Église, lui reprochant de ne pas être en adéquation avec le monde contemporain.

Le célibat des prêtres

Façade d'une église

La doctrine morale de l’Église catholique romaine a subi des modifications au cours de l’Histoire. C’est entre les XIe et XIIIe siècles qu’elle défendit le mariage des prêtres, interdiction qui tient toujours.

Le pape Jean-Paul II

Jean-Paul II

La mission du pape Jean-Paul II (dont le véritable nom est Karol Wojtyla) s’est articulée autour de deux pôles principaux : la restauration de l’Église à la suite du concile Vatican II et l’accroissement de sa présence au sein de la société.

Par le biais de la Curie romaine, le Saint-Siège se penche sur les problématiques contemporaines et les questionne par la médiation de la foi. Ainsi, il dénonce le néolibéralisme et le matérialisme, il pourfend l’usage des armes, l’exacerbation de la haine et les inégalités sociales, et il prône la nécessité du développement durable et le respect de l’environnement.

En raison du caractère sacré qu’il attribue à toute vie, il interdit le clonage à des fins médicales, l’avortement, la contraception et l’euthanasie.

Les hommes et l’Église

Parade du Saint-Sang en Belgique

Même si les communautés religieuses du Québec ont toujours compté énormément plus de femmes que d’hommes, on peut affirmer que l’Église est un univers masculin, une institution basée sur une conception stéréotypée de la femme ainsi que sur une hiérarchisation des sexes.

En effet, les femmes sont complètement exclues des positions décisionnelles et des fonctions officielles et, malgré certaines revendications, le Vatican a réitéré l’interdit de leur ordination en 1994.

Bien que les communautés de religieuses vivent de façon autosuffisante, elles doivent s’en remettre à l’autorité sacerdotale. Depuis les années 70, certaines sœurs ont d’ailleurs entrepris de dénoncer cette situation et de revendiquer le droit des femmes à pratiquer tous les ministères au sein de l’Église.

Les écarts de l’Église

Statue du Christ

Les valeurs chrétiennes de justice, de solidarité avec les plus démunis et d’amour du prochain qui sont révélées dans les Évangiles n’ont pas toujours trouvé à s’exprimer à travers les gestes posés par l’Église. Autrement dit, si l’idéal proposé est inattaquable, en revanche, les actions et les décisions prises par l’institution sont souvent discutables.

Que l’on pense simplement aux Croisades et à l’Inquisition ou, plus près de nous, aux divers cas d’abus sexuels perpétrés par des membres du clergé qui, paradoxalement, ont fait vœu de chasteté et refusent encore de lever l’obligation du célibat.

Si Jean-Paul II a fait amende honorable pour certains actes posés par l’Église (la Shoah, par exemple), il n’en demeure pas moins que, dans d’autres circonstances, cette dernière refuse de reconnaître sa culpabilité et se soustrait aux tribunaux.

Ce décalage profond entre le discours et les actes mine la crédibilité de l’institution et apparaît à plusieurs comme un obstacle à leur adhésion.

Complément d’information

Les communautés de religieuses

Soeurs servantes de Jésus-Marie

Bien que les communautés de religieuses aient subi une baisse de popularité et un déclin démographique évident (la moyenne d’âge est de 74 ans), les sœurs poursuivent leur travail sur le terrain, ici ou à l’étranger. Pour ne pas disparaître, elles doivent s’ouvrir à de nouvelles réalités et repenser l’organisation institutionnelle.

Ainsi, elles vivent plus souvent en petits groupes hors des communautés et travaillent de concert avec des laïcs. Plusieurs joignent leurs voix à celles des organisations non gouvernementales (ONG) de « gauche » et, loin du conservatisme doctrinaire de l’Église, leurs prises de position sur les enjeux sociaux prônent la justice, la dignité et la solidarité.

La Conférence religieuse canadienne

Vitraux d'église

Quelque 350 communautés (hommes et femmes confondus) sont regroupées sous la Conférence religieuse canadienne (CRC).

Cette instance plutôt progressiste tend à s’inscrire dans la mouvance altermondialiste. Elle prend position pour la défense des exclus, l’élimination de la pauvreté, la préservation des écosystèmes, la résolution du problème du tiers monde et s’oppose clairement au trafic des femmes et des enfants comme aux inégalités sociales et aux abus du néolibéralisme.

En fait, ces communautés évoluent simultanément dans l’espace séculier et incarnent leurs convictions chrétiennes dans une perspective citoyenne.

En définitive, cette approche pourrait être une possibilité d’avenir, sachant que l’Église romaine a clairement choisi de poursuivre dans une voie qui semble vouloir accroître le fossé creusé entre elle et la grande majorité des Québécois.

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