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Encyclopédie collective / Série IV / L’esclavage au Canada Français

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L’esclavage au Canada Français

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Les origines de l’esclavage

Machinerie agricole

Cette tare universelle qu’est l’esclavage n’a pas toujours existé. En effet, il était absent des sociétés primitives nomades et n’apparut qu’au moment où se développèrent la sédentarisation et l’agriculture.

À son origine, il y a 6 000 ans, son avènement fut considéré comme un adoucissement de la guerre. Au lieu de tuer l’ennemi, on le faisait prisonnier et utilisait son travail, ce qui devenait avantageux dans le contexte d’une société sédentaire naissante.

On retrouva les premières traces d’un esclavage organisé à Sumer, quelque 4000 ans av. J.-C. Il fut aussi fortement utilisé dans l’Antiquité.

En Égypte, les esclaves appartenaient au pharaon et étaient marqués au fer rouge pour éviter leur fuite. La plupart venaient de l’étranger; ils travaillaient dans les mines et aux travaux publics, entre autres pour ériger les pyramides.

Complément d’information

L’esclavage pendant l’Antiquité

Africains

En Grèce, l’esclavagisme apparut très tôt, d’abord en conséquence de dettes impayées. Son usage se répandit, fut justifié par les philosophes et se systématisa, à un point tel qu’il fut quasi considéré comme naturel.

En effet, vers 500 av. J.-C, près de la moitié de la population d’Athènes était réduite en esclavage. On dit que leurs conditions étaient plus enviables qu’ailleurs : mis à part ceux qui travaillaient dans les mines, les esclaves s’occupaient des tâches domestiques, artisanales ou agricoles, et certains pouvaient racheter leur liberté.

Sous l’Empire romain, où les conquêtes entraînèrent un déferlement de nouveaux arrivants, les esclaves œuvraient aux travaux publics, comme gladiateurs ou dans les latifundia, ces grands domaines agricoles. Les révoltes se firent plus nombreuses, dont la plus célèbre menée par Spartacus.

Quant au stoïcisme, il favorisa l’affranchissement des esclaves.

L’esclavage au Moyen Âge et sous l’islam

Terre agricole

Si, en Occident, l’esclavage diminua dans les premiers siècles du Moyen Âge, c’est qu’un système de servage le supplanta. En échange de leur travail et de leur liberté, les paysans recevaient un lopin de terre à cultiver.

Vers le XIIIe siècle, les seigneurs finirent par manquer d’argent et, ainsi, les serfs purent racheter leurs terres.

Par ailleurs, après la mort de Mahomet, l’esclavage devint un pilier économique du monde musulman. En effet, des esclaves étaient importés des pays slaves, de la Méditerranée et d’Afrique noire. Certains œuvraient comme domestiques ou artisans, et d’autres dans les harems. Plusieurs furent maltraités, et même castrés afin d’empêcher le métissage.

Les origines du mot « esclave »

Esclaves à bord d'un bateau

Au Moyen Âge, les Vénitiens faisaient la traite des Slaves, dont le nom est devenu « esclave » à la suite d’une dérivation sémantique.

Le bilan des esclaves vendus en Amérique

Homme de race noire

Bien qu’il soit difficile de s’entendre sur un chiffre, on estime qu’entre 15 et 30 millions d’Africains furent asservis et utilisés comme esclaves lors de la colonisation du Nouveau Monde, ceci sans compter ceux qui moururent en route ou lors des razzias.

La traite des Noirs au Nouveau Monde

Terre agricole

Avant même d’avoir découvert le Nouveau Monde, les Européens avaient entrepris la traite des Noirs afin de fournir de la main-d’œuvre pour les exploitations agricoles. Lorsqu’ils mirent le pied en Amérique du Sud et voulurent y exploiter des cultures de café, de cacao et de tabac, ils tentèrent, non sans peine, d’asservir des prisonniers et des Amérindiens.

Sous le conseil de Bartolomé de Las Casas, qui voulait ménager ces derniers, les Européens décidèrent de les remplacer par des esclaves africains, qui commencèrent à arriver dès 1502 par « négriers ». Ces bateaux contenaient à peu près 600 esclaves enchaînés à la cale. Le tiers d’entre eux ne survivait pas à la traversée.

Le recours à l’esclavage débuta en 1619 en Amérique du Nord et servait essentiellement à l’exploitation des plantations. En tout, des millions d’Africains seront vendus comme de vulgaires marchandises.

Le commerce triangulaire

Homme de race noire

Un commerce triangulaire fut instauré à la suite de la découverte du Nouveau Monde. Ce système commercial se fondait sur une logique esclavagiste raciste visant à maximiser les profits des compagnies européennes.

D’abord, des navires quittaient les ports d’Europe, chargés d’alcool, de fusils et de menues babioles. Ils se rendaient dans les comptoirs africains, où ils échangeaient leurs produits contre du « bois d’ébène », nom donné aux esclaves noirs.

Une fois les bateaux pleins, ils prenaient le large en direction des colonies d’Amérique, là où les Africains servaient cette fois de monnaie d’échange pour obtenir des marchandises de luxe : métaux précieux, rhum, tabac, sucre, etc.

Ensuite, les bateaux regagnaient l’Europe et vendaient à prix d’or leurs produits. En tout, ce circuit durait 18 mois. Il était au fondement d’une économie occidentale aussi inhumaine que lucrative.

Le « code noir »

Femme de race noire mangeant du pain

On appelle le « code noir » cet édit qui fixait les conditions d’assujettissement des esclaves ainsi que certaines limites concernant la conduite des propriétaires. En fait, le « code noir » légitima l’esclavagisme en en statuant les règles. Il fut promulgué par Colbert en 1685.

Le mouvement antiesclavagiste

Homme versant de l'eau

C’est au XVIIe siècle que les premières voix commencèrent à s’élever contre l’asservissement des êtres humains. D’ailleurs, à cette époque, deux Espagnols seront pendus pour s’être insurgés contre cette pratique.

Cependant, il faudra attendre la seconde moitié du XVIIIe et l’impact social du mouvement antiesclavagiste anglais avant que les effets ne se fassent vraiment sentir.

Ce sont les Quakers qui interdirent les premiers, en 1770, la possession d’esclaves au Vermont. Le Danemark fut le premier pays à abolir la traite en 1792. Saint-Domingue renchérit en abolissant l’esclavage l’année suivante. L’Angleterre et ses colonies proscrivirent la traite en 1807, mais n’affranchiront les esclaves qu’en 1833.

Malgré la Déclaration des droits de l’homme signée en 1789, la France n’interdit l’esclavage dans les colonies qu’en 1794. Cependant, Napoléon le rétablit en 1802, et ce jusqu’en 1848.

Bien que plusieurs États antiesclavagistes − ceux du nord des États-Unis − eussent tenté de freiner ce fléau, le pays n’abolira l’esclavage qu’en 1865, après la guerre de Sécession.

Les tout derniers pays à prohiber cette pratique furent l’Arabie saoudite, en 1962, et la Mauritanie, en 1980.

La traite des personnes dans le monde moderne

Jeune homme marchant dans la rue

Bien que l’esclavage soit interdit dans tous les pays du monde depuis 1926, il n’en demeure pas moins que des nations, des réseaux criminels et même des particuliers continuent d’asservir sans vergogne des membres de la population, souvent les plus pauvres. Bien qu’il revête une forme différente de la traite des Noirs, l’esclavage contemporain se poursuit devant le regard détourné des gouvernements.

En effet, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), entre 200 et 250 millions de personnes seraient victimes de cette horreur ou de son dérivé : la traite des personnes.

Qu’il soit question de prostitution involontaire, de servitude pour dettes, du travail forcé ou de celui des enfants, d’immigration marchandée en échange de l’abnégation de droits fondamentaux, de privation de libertés ou de confiscation de papiers d’identité, encore beaucoup trop de personnes, et en grande majorité des femmes, se voient offerts en pâture au mercantilisme éhonté de certains.

La lutte contre l’esclavage dans le monde moderne

Homme et femme mangeant du pain

Malgré les traités internationaux entérinés par les divers États, la traite des personnes n’a pas disparu et sévit encore dans plusieurs régions du monde, Occident inclus. Dans le contexte d’une mondialisation des échanges, le phénomène explose et prend une ampleur nouvelle.

Les populations les plus pauvres en sont les premières victimes, et il s’avère d’autant plus difficile de le combattre que les pratiques abusives adoptent souvent des formes sournoises.

Il faudrait reconnaître la responsabilité collective des pays riches, faire amende honorable et considérer la requête africaine concernant l’annulation de sa dette en réparation de l’esclavage.

Une chose est certaine : des efforts musclés devront être déployés afin de bannir, partout sur le globe et une fois pour toutes, les violations des droits fondamentaux de tout être humain.

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