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Encyclopédie collective / Série IV / Les chercheurs de la mer

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Les chercheurs de la mer

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Bateau de recherche

L’histoire québécoise de la recherche en biologie marine a débuté modestement à Trois-Pistoles, en 1918, lorsque des membres de la Société Provancher décidèrent d’étudier l’écosystème fluvial.

Cependant, ce n’est qu’en 1936, avec le déménagement de l’institut à Grande-Rivière, que le domaine scientifique prit véritablement son envol.

Depuis lors, l’Institut des sciences de la mer affilié à l’Université du Québec à Rimouski, l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada, et l’École des pêches de Grande-Rivière ont tous trois transformé la région en un carrefour de la recherche en biologie marine et en océanographie.

Si la pêche vit une période de crise depuis la quasi-disparition des poissons de fond, un certain espoir est entretenu par la poursuite de recherches scientifiques de pointe.

Bien que la science soit incapable de nous faire revenir en arrière, elle pourrait peut-être apporter des solutions aux problèmes causés par la surexploitation de la ressource et les changements climatiques.

Complément d’information

La biologie marine

Oursin

Cette discipline n’a pas toujours existé. En fait, avant qu’elle ne se définisse, la biologie marine était en quelque sorte assise entre deux chaises, à mi-chemin entre la biologie et les sciences naturelles.

C’est ainsi que les premières recherches québécoises abordant les éléments vivants et leurs écosystèmes furent surtout effectuées par des botanistes, dont l’activité principale était la taxinomie.

Le plus célèbre botaniste du Québec fut sans contredit le frère Marie-Victorin qui, bien qu’il n’ait pas spécifiquement abordé l’univers marin, fit un travail de défricheur et gagna une autorité qui allait baliser le terrain pour les chercheurs après lui.

C’est au tournant du XXe siècle qu’une barge, dirigée par Léon Provancher, fut mouillée dans le golfe du Saint-Laurent. Elle servit de premier centre de recherche mobile affecté aux sciences de la mer, ce qui donna le coup d’envoi à la discipline.

Complément d’information

La station biologique de Trois-Pistoles

Église de Trois-Pistoles

C’est en 1931 que l’Université Laval décida d’investir dans la mise sur pied d’une station biologique à Trois-Pistoles, prenant ainsi le relais des activités de recherche de la Société Provancher. Elle sera transférée à Grande-Rivière en 1936.

Les sciences de la mer

Paysage

Les sciences de la mer ont évolué au fil des ans, suivant de près les nécessités sociales comme les moyens techniques.

Au début de la colonisation, l’hydrographie occupait une place fondamentale. Puisque le Saint-Laurent était la principale voie de communication et que la navigation sur ses eaux s’avérait particulièrement périlleuse, la connaissance de la cartographie du fleuve, de ses profondeurs, de ses courants et de ses marées revêtait un caractère essentiel.

Il fallut ensuite attendre 1852 pour que l’ichtyologie, l’étude des poissons, devienne un domaine de recherche. Tranquillement, des chercheurs se mirent à répertorier les espèces, recueillant des données qui allaient servir à la gestion des pêches.

On ouvrit aussi de nouveaux marchés, comme ceux de la crevette et du homard, et perfectionna les techniques de conservation des stocks.

L’océanographie

Bateau sur le fleuve Saint-Laurent

C’est autour des années 70 que la recherche en milieu maritime s’ouvrit à de nouveaux horizons. L’océanographie se développa au Québec, suivant une plus grande conscientisation des effets de la pollution sur l’équilibre des grands écosystèmes.

Des programmes universitaires furent élaborés et des centres de recherche multidisciplinaire se mirent à œuvrer en synergie. En plus de se pencher sur les répercussions des changements climatiques sur les grandes masses d’eau, ces organes de recherche ont travaillé au développement de l’aquaculture, c’est-à-dire l’élevage des animaux et des plantes aquatiques.

En effet, les pressions fortes et parfois contradictoires pesant sur le Saint-Laurent (celles de pêcheurs, des environnementalistes, des plaisanciers, etc.) imposent de trouver de nouvelles avenues pour concilier les doubles pôles de la conservation et de l’exploitation.

Le programme d’assainissement des eaux municipales

Eau polluée

C’est vers 1970 que la population se mit à s’inquiéter de la condition du Saint-Laurent. Après des décennies de développement industriel, le fleuve était pollué, les poissons intoxiqués, son eau n’était plus potable et certains endroits s’avéraient dangereux pour les baigneurs.

De concert avec les instances gouvernementales, des centres de recherche se penchèrent sur la question et formulèrent des recommandations. C’est ainsi qu’en 1978, Québec instaura le Programme d’assainissement des eaux municipales visant à les épurer avant de les rejeter.

Un plan d’action fut aussi élaboré qui, selon ses modalités successives, imposa une diminution des rejets toxiques auprès des industries les plus polluantes. Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire (réchauffement climatique, pollution agricole et chimique, débordement d’égouts, etc.), l’état du fleuve s’est tout de même amélioré depuis 1990.

La situation de la pêche à la morue

Fleuve Saint-Laurent

La pêche à la morue a longtemps été un moyen de subsistance pour une grande partie des riverains du fleuve comme pour plusieurs commerçants. De loin l’espèce la plus recherchée, les Européens venaient la pêcher même avant la colonisation du Canada.

D’ailleurs, certains posent l’hypothèse qu’elle serait à l’origine de la découverte du Nouveau Monde. Quoi qu’il en soit, les Français et les Anglais en ont fait un élément essentiel de leur commerce colonial, et les Canadiens ont emboîté le pas après eux. Les stocks étaient généreux : ce fut une pêche quasi miraculeuse durant près de 500 ans !

Cependant, avec le développement de la pêche industrielle, faite d’abord avec des chalutiers, souvent munis de radars, puis avec des navires-usines raclant les fonds, la morue n’aura pas pu échapper à la disparition de ses populations.

Si la surexploitation de la ressource a causé d’irréparables ravages, le réchauffement des eaux n’a fait qu’accélérer le triste sort de l’espèce.

Non seulement la pêche à la morue est presque définitivement fermée au Canada − à part une petite concession octroyée dernièrement contre l’avis de scientifiques −, mais certaines populations sont en voie d’extinction. Cette situation fera pression sur les autres espèces de poissons de fond qui, à leur tour, se verront menacées.

Les recherches en biotechnologie marine

Bateau sur le fleuve Saint-Laurent

Les avancées des sciences de la mer ont permis de développer la biotechnologie marine, une nouvelle approche alliant moyens technologiques et connaissance des écosystèmes marins.

En effet, face aux conséquences désastreuses de l’industrialisation et de la surexploitation des ressources, la science fouille maintenant les processus naturels et tente de les reproduire, afin de pallier l’essoufflement de la nature.

Ainsi, des programmes d’aquaculture sont mis sur pied, produisant certaines variétés de poissons très en demande, tels le saumon, la moule, la crevette et le pétoncle. D’autres chercheurs travaillent à inventer de nouvelles espèces pour remplacer celles qui sont épuisées, ou à trouver des débouchés pour des produits sous-exploités comme l’oursin ou le maquereau.

L’idée est prometteuse mais, comme toute intervention, elle peut créer des déséquilibres et devenir, elle aussi, une source de pollution.

La trop forte demande de produits de la mer

Pêcheurs de crevettes

L’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit que, d’ici 25 ans, la demande en produits aquatiques excédera de 55 millions de tonnes annuellement la capacité de production des pêches traditionnelles. C’est pourquoi plusieurs se tournent maintenant vers l’aquaculture.

L’aquaculture

Bateau de pêche

L’aquaculture existe depuis plusieurs siècles en Asie comme en Europe, mais sa pratique a fait un bond avec le développement des technologies. Elle produit maintenant entre 25 et 30 % des protéines aquatiques que consomment les humains.

Si l’élevage est une solution de remplacement intéressante face à l’épuisement des stocks naturels, il ne faudrait pas occulter ses conséquences, d’autant plus que les activités de pêche traditionnelle ne diminuent pas pour autant.

Si l’on pense à la salmoniculture en mer, elle implique de fortes concentrations de populations dans un territoire restreint, ce qui fait pression sur l’écosystème. Des risques de maladies existent, tout comme la possibilité de croisements entre les espèces sauvages et d’élevage, modifiant ainsi les particularités nécessaires à la survie des premiers.

En contrepartie, une aquaculture respectueuse de l’équilibre des écosystèmes (une polyculture, par exemple) est une voie d’avenir prometteuse.

Faite intelligemment et dans une perspective de développement durable, elle pourrait prendre le relais et ainsi favoriser la régénération des milieux naturels et des populations marines déjà tant éprouvés.

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