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Encyclopédie collective / Série IV / Le scandale de la Baie-des-Chaleurs

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Le scandale de la Baie-des-Chaleurs

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Chemin de fer

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, au moment où la révolution industrielle battait son plein, le chemin de fer s’affirmait comme la clef de voûte du développement économique et social. Ainsi, tout un chacun souhaitait voir le rail passer à proximité, sachant que sa présence faciliterait grandement les communications et, qu’ainsi, elle serait un gage de prospérité.

Ce fut le cas de la Gaspésie qui, des années durant, réclama un réseau ferroviaire desservant l’ensemble de son territoire.

Malgré les pressions populaires, les promesses des élus et les subsides gouvernementaux, quelque 40 ans s’écoulèrent entre le début des travaux et l’achèvement de la ligne reliant la Matapédia et Gaspé et la région dut se résigner à monter beaucoup plus tard dans le train en marche.

Les premières voies de transport en Gaspésie

Petite embarcation de pêche

Le transport maritime a longtemps été le moyen le plus fréquemment utilisé afin de se déplacer et de convoyer les marchandises. Pour les Autochtones et les premiers colons, le Saint-Laurent demeurait la seule voie de transport et de communication.

La Gaspésie, entourée d’eau, a toujours baigné dans cette réalité. D’ailleurs, l’histoire de la région est intimement liée au développement de la pêche à la morue par les Jersiais.

Malgré ce passé et le fait que la plupart des familles possédaient leur propre embarcation, donc qu’elles pouvaient caboter, les liaisons avec le centre du pays étaient peu fréquentes, les bateaux à vapeur n’arrêtaient qu’à certains endroits accessibles et le service s’interrompait en hiver.

Ainsi, la possibilité d’un train se présentait comme une voie rapide d’accession au continent et aux commodités qu’il offrait.

Les débuts de l’épopée ferroviaire canadienne

Train

C’est avec l’invention de la machine à vapeur que débuta l’épopée ferroviaire. Avant les rails de fer, le train circulait sur des chemins à lisses de bois, qui travaillaient sous l’effet du gel et du dégel, accroissant ainsi les risques d’accidents et la fréquence de l’entretien.

Au Canada, la première ligne de chemin de fer fut inaugurée en 1836 ; mais il fallut attendre la construction du Grand Tronc, dans les années 1850, pour que le réseau prenne son élan, libérant la voie au boom ferroviaire ainsi qu’au perfectionnement de la machinerie.

Rapidement, le train devint partie prenante de la révolution industrielle, voire une condition quasi essentielle à son avènement. Là où il passait, les villages poussaient comme des champignons. À l’époque, les convois transportaient principalement du vrac (bois, minerai, céréales) et des passagers.

Le réseau ferroviaire national canadien

Train passant sur un pont

Le projet d’un réseau ferroviaire national, reliant les Maritimes à Rivière-du-Loup, naquit vers 1840, mais sa concrétisation, impliquant l’unification des divers segments de son circuit, n’advint que bien des années plus tard.

En fait, l’achèvement et le financement de l’Intercolonial figuraient comme condition essentielle à l’adhésion de certaines provinces à la Confédération, signée en 1867. Pour le fédéral, le rail visait tout à la fois à cimenter la nation en devenir, à protéger le territoire et à accéder aux ressources naturelles.

Si la voie ferrée fut un élément crucial quant au développement régional, elle joua aussi le rôle d’enjeu politique et économique. L’Intercolonial inaugura son service en 1876 et acquit, en 1879, le tronçon du Grand Tronc le reliant à Lévis, puis, dix ans plus tard, obtint la permission de circuler jusqu’à Montréal.

Le chemin de fer gaspésien

Chemin de fer

Comme partout ailleurs sur le territoire national, la création du chemin de fer gaspésien reposait sur des subsides gouvernementaux accordés aux entreprises privées.

Mus par l’appât du gain, plusieurs hommes d’affaires voyaient dans le rail une possibilité facile de s’enrichir, ce qui entraîna de nombreuses pratiques frauduleuses. En plus de donner les terrains et les sous-sols aux compagnies, le fédéral finançait la construction du réseau en accordant un montant forfaitaire calculé en mille.

Ainsi, des promoteurs accrurent inutilement la longueur de certains tracés afin d’augmenter leur marge de profits. D’autres encaissaient les subventions, puis faisaient faillite. Pendant ce temps, les contribuables payaient et la Gaspésie, elle, continuait à vivre de l’espoir de voir enfin un train circuler sur son territoire.

La voie ferrée de la baie des Chaleurs

Chemin de fer

La construction d’une voie ferrée dans la baie des Chaleurs fut une véritable saga, où se côtoyèrent mauvaise volonté, escroqueries et détournements de fonds.

L’histoire débuta en 1872, avec l’incorporation de la Compagnie de la Baie-des-Chaleurs, qui avait pour mandat de bâtir la ligne reliant Matapédia et Paspébiac en moins de dix ans. Détenue par Robitaille, un politicien, l’entreprise réussit à se faire financer un tronçon, en plus d’obtenir 3 200 $ par mille.

L’argent fut octroyé mais, en 1882, pas un seul kilomètre de rail n’avait été fait. Afin d’échapper à ses engagements, une refonte de la compagnie s’ensuivit : Robitaille et des associés se firent financer un autre segment, puis épuisèrent les fonds.
En 1889, la ligne atteignait Maria, où faute d’avoir été payés, les ouvriers déclenchèrent une grève. La compagnie fit faillite.

Le scandale de la baie des Chaleurs

Statue représentant Honoré Mercier

Les Gaspésiens n'étaient toutefois pas au bout de leurs peines, attendant toujours, depuis 18 ans, l’avènement du train le long de la baie.

Honoré Mercier, qui s’était fait élire en promettant de régler la question une fois pour toutes, se retrouva alors face à des sommes occultes dans la caisse électorale de son parti. Cela entraîna sa chute et celle de son gouvernement en 1891, bien qu’on n’ait pu prouver son implication directe dans l’affaire.

Puis, encore, une autre compagnie ferroviaire reprit les travaux, s’engageant cette fois à rejoindre New Carlisle avant 1896. Face à l’impossibilité de tenir parole, elle construisit un rail de Maria à la baie, embarqua la locomotive sur l’eau pour la faire traverser et, de là, la remit à nouveau sur un petit tronçon à New Carlisle.

Quant au service de train, il ne fonctionnait toujours pas.

Le premier train gaspésien

Chemin de fer

C’est en 1894 que la circulation débuta enfin sur la voie ferrée reliant Matapédia et Caplan. Il fallut quatre ans avant que le train n’atteignît vraiment New Carlisle.

En 1902, il se rendait à Paspébiac, puis rejoignait Gaspé en 1911. Une quarantaine d’années se seront écoulées avant que la baie des Chaleurs ne soit desservie par un véritable réseau ferroviaire.

Un hic subsistait pourtant : le système en place était poussif, désuet et peu efficace. Trois compagnies différentes possédaient chacune une portion du tracé entre Matapédia et Gaspé, ce qui compliquait encore les choses.

Le gouvernement fédéral nationalisa le réseau en 1929, l’incorporant à la Compagnie des chemins de fer nationaux (CN). Si la baie obtint finalement son chemin de fer, en dépit des embûches, la Haute-Gaspésie, elle, faisait encore le pied de grue.

Le déclin du chemin de fer

Chemin de fer

De la même façon que l’apparition du train accéléra le déclin du cabotage, la mise en place d’un système routier et la démocratisation des véhicules automobiles ont concouru à diminuer l’importance du chemin de fer, surtout dans le cas du transport des passagers. Quant au convoyage ferroviaire des marchandises, il fut grandement affecté par l’essor de l’industrie du camionnage.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la voirie débuta l’entretien des routes en hiver. À cette même époque, Duplessis modernisa le réseau routier gaspésien en suivant l’ancien tracé sur les terres riveraines.

Bien que ce choix soit discutable, il n’en demeure pas moins que la route facilita la vie des habitants de la région, en favorisant les déplacements et les échanges.

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