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Histoires oubliées est une série documentaire qui s'inspire de faits authentiques, d'événements marquants gravés dans notre mémoire collective.

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Encyclopédie collective / Série IV / Le homard de Menier

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Le homard de Menier

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Phare

Joyau naturel attirant les visiteurs par un décor splendide et encore relativement sauvage, l’île d’Anticosti est aussi un lieu de pêche riche en saumon et en homard, ainsi qu’un territoire de chasse où le cerf abonde.

Si les visiteurs se réjouissent d’atteindre cette terre quasi mythique, les bateaux passeurs, eux, doivent composer avec les réalités propres à leur condition, comme le fait de naviguer douze heures durant sur une mer capricieuse pour ramener les cargaisons à Gaspé, d’être assujettis aux intempéries d’une météo changeante et de devoir éviter les écueils des nombreux récifs ceinturant l’île.

Mais même contre vents et marées, les bateaux passeurs poursuivent leur traversée, traçant dans le noir des vagues un sillon de blanc, un trait d’union éphémère qui relie, le temps d’un voyage, l’univers de l’île et celui de la terre.

L’île d’Anticosti

Rue de Port-Menier

L’île d’Anticosti constitue la porte d’entrée du golfe du Saint-Laurent. Bien que située au large de la côte gaspésienne, vis-à-vis de Havre-Saint-Pierre, elle appartient à la région administrative de la Côte-Nord et ne compte qu’un seul village, Port-Menier.

Vieille de 455 millions d’années, l’île se serait échouée à cet endroit lors de la dérive des continents. Son territoire quasi paradisiaque s’étend sur 222 kilomètres de longueur et, en moyenne, sur 45 km de largeur.

Sa population de quelque 280 habitants se partage 7 923 km2 de terrain, où les rivières et les cerfs abondent. De plus, la quantité appréciable de fossiles qu’on y trouve intéressera sans doute l’amateur ou le chercheur qui s’y rendra.

Le nom de l’île d’Anticosti

Falaises

Bien avant que Jacques Cartier ne découvre, en 1534, cette terre qu’il allait nommer l’année suivante île de l’Assomption, des Amérindiens auraient occupé ce territoire pour y pratiquer la chasse à l’ours pendant quelque 3 500 ans.

En effet, le toponyme d’Anticosti, que Champlain donna vers 1600 à cette île reconnue pour la dangerosité de ses côtes, serait un dérivé du terme montagnais « Notiskuan », qui signifie « où l’on chasse l’ours », ou du terme « Natigostec », qui veut dire « terre avancée » en micmac.

Louis Jolliet

Louis Jolliet

Premier aventurier d’origine québécoise, Louis Jolliet devint le seigneur de Mingan et d’Anticosti en 1680, concessions qu’il reçut de Louis XIV en récompense de ses voyages d’exploration au Mississippi et dans la baie d’Hudson. Jolliet s’installa avec sa famille sur l’île encore inhabitée pour y exploiter le saumon et vivre de la terre.

En 1690, l’amiral anglais Phips, qui faisait route vers Québec pour l’attaquer, emprisonna Jolliet et brûla toutes ses installations. Le seigneur mourut en 1700 et ses fils, à qui il avait cédé ses terres, n’exploitèrent pas l’endroit.

Louis-Olivier Gamache

Louis-Olivier Gamache

Par son caractère quasi mythique, Anticosti a la réputation d’être un terreau fertile en légendes de toutes sortes, comme celle du « sorcier de l’île », Louis-Olivier Gamache, un personnage redouté et hors du commun qui y vécut seul avec sa famille de 1810 à 1854.

On raconte qu’il colportait des histoires surprenantes sur son compte afin d’éloigner les indésirables qui auraient pu s’y aventurer. D’autres affirment que, pour ces mêmes raisons, il allait jusqu’à faire apparaître des fantômes sur cette terre que Champlain avait surnommée le « cimetière du golfe ».

Henri Menier

Paysage de l'Anse-aux-Fraises

C’est en 1895 que le développement d’Anticosti prend son envol.

Henri Menier, riche chocolatier français rêvant d’un territoire pour pratiquer la chasse et la pêche, achète l’île pour
125 000 $.

Il y développe le village de Baie-Sainte-Claire, puis fonde Ellis Bay, qui deviendra Port-Menier. En son absence, Menier confie l’administration à son ami Martin Zédé, qui gère la coupe de bois, l’agriculture, la pêche et la mise en conserve du homard, activités qui rapportent à l’Île une certaine prospérité.

Pourtant, s’il ne faut relever qu’une seule intervention d’importance, rappelons que c’est Menier qui introduisit sur l’Île plusieurs espèces animales, dont le cerf de Virginie.

Le développement de l’île d’Anticosti

Maison délabrée

En 1926, Gaston Menier, frère d’Henri, vend l’île d’Anticosti à une corporation américaine, la Wayagamack Pulp and Paper.

À partir de cette date, l’économie de cette région reposera essentiellement sur l’exploitation forestière. Sans aucun souci pour la protection de l’environnement, la conservation de la faune ou le respect du patrimoine, la papetière Consolidated Bathurst Ltd ferme tous les villages, sauf Port-Menier, et pille la somptueuse villa de Menier avant d’y mettre le feu, en 1954.

C’est en 1974 que le gouvernement rachète l’île pour y développer le tourisme, puis en 1982 qu’il amorce la cession des droits de propriété aux résidants.

La faune de l’île d’Anticosti

Chevreuil

Anticosti possède une diversité impressionnante d’espèces animales, ce qui en fait un véritable paradis pour les chasseurs et les pêcheurs.

On y dénombre 24 espèces de mammifères (renard, lièvre, castor, orignal) et quelque 200 sortes d’oiseaux, dont le pygargue (aigle) à tête blanche. L’endroit est aussi reconnu pour ses rivières à saumon et certains mammifères marins (phoques et grands cétacés).

Si la nature semble avoir comblé cette terre, il faut aussi mentionner que, lors de son arrivée sur l’île, Menier y introduisit entre autres le cerf de Virginie. La population du troupeau a grimpé rapidement et compte maintenant 120 000 têtes.

Complément d’information

La flore de l’île d’Anticosti

Fleurs

L’île d’Anticosti est reconnue pour la richesse de sa flore, ses tourbières et ses forêts, ce qui explique à la fois l’attrait des papetières pour l’exploitation forestière de la région, mais aussi l’intérêt que lui porta le frère Marie-Victorin, bien connu pour sa Flore laurentienne.

La forêt « anticostienne » est de type boréal et se constitue principalement d’épinettes noires, de sapins baumiers, d’épinettes blanches et, chose plutôt rare en cette latitude, de pins blancs.

En raison d’une forte population de cerfs qui s’alimente de sapins, on remarque une diminution de cette espèce. L’île recèle aussi de nombreuses plantes rares ou considérées comme menacées.

La géologie de l’île d’Anticosti

Falaises

Formée il y a 455 millions d’années, l’île d’Anticosti est reconnue comme un important site fossilifère ; on y dénombre en effet près de 600 espèces différentes de fossiles.

La région révèle aussi des formations géologiques rares et offre à ses visiteurs des paysages grandioses, composés de grottes, de récifs et de canyons majestueux, comme celui de la chute Vauréal.

Aux nombreuses rivières qui sillonnent l’île, s’ajoutent les phénomènes karstiques (enfouissement des eaux), les dolines (affaissement du sol de forme circulaire) et les lacs à niveau variable, toutes choses qui font d’Anticosti un lieu unique et surprenant.

La navigation près de l’île d’Anticosti

Épave

Anticosti est aussi appelée « l’île aux naufrages », car la navigation autour de ses côtes est périlleuse en raison des grandes plates-formes rocheuses recouvertes d’eau peu profonde qui la bordent. À titre d’exemple, on dénombre quelque 400 navires échoués autour de l’île.

Le forage du golfe du Saint-Laurent

Littoral

Encouragée par un potentiel pétrolifère et gazier prometteur, Hydro-Québec a mis sur pied un projet de forage dans le golfe du Saint-Laurent.

Des environnementalistes, des scientifiques et des artistes se sont farouchement opposés aux levées sismiques préalables et à l’exploitation gazière qui auraient pour conséquence de nuire aux populations marines.

Les opposants ont partiellement obtenu gain de cause : les essais sont reportés et une évaluation des impacts environnementaux sera produite par un comité d’experts.

Si Hydro-Québec doit pour l’instant mettre son projet maritime sur la glace, d’autres projets terrestres se poursuivent toutefois sur les côtes de la Gaspésie et d’Anticosti.

La pêche à l’île d’Anticosti

Cages à homard

Même si les homards grossissent moins vite à l’île qu’en Gaspésie, les pêcheurs d’Anticosti voient l’avenir de la pêche avec un certain optimisme.

Cependant, ils savent que pour assurer la pérennité de la ressource, il est nécessaire de suivre attentivement l’évolution de l’espèce et d’éviter toute forme de surpêche.

En deux semaines de pêche, un pêcheur peut prendre environ 2 725 kilogrammes de homard.

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