Activer l'ambiance

À visiter

Coffrets DVD

Choisissez le coffret DVD qui correspond le mieux à vos intérêts !

4
DVD

Faune et flore du Québec
Coffret de 4 DVD
(+ détails) 29,99 $

Histoires oubliées

http://www.histoiresoubliees.ca

Histoires oubliées est une série documentaire qui s'inspire de faits authentiques, d'événements marquants gravés dans notre mémoire collective.

Vous consultez :  
Encyclopédie collective / Série IV / Laure, l’insoumise

Rechercher

Vous aimez ce texte ?

Jetez un coup d'oeil à l'émission

Laure, l’insoumise

Visionner la bande annonce Accéder à l'encyclopédie Acheter ou louer


Institutrice écrivant au tableau

C’est en 1889 que naît Laure Gaudreault, pionnière du syndicalisme enseignant dont les courageuses prises de position ont fait évoluer le milieu de l’éducation.

Femme de conviction à l’avant-garde de son temps, Laure Gaudreault travaille comme institutrice dans une école de rang de Charlevoix avant de devenir journaliste pour Le Progrès du Saguenay, où elle défend la cause des enseignantes.

Lorsqu’elle retourne faire la classe en 1931, elle constate que peu de choses ont changé et décide, pour y remédier, de fonder l’Association catholique des institutrices rurales.

Sous les diverses formes qu’elle prendra avant de devenir la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), cette association chapeautée par Gaudreault défendra les droits des institutrices et exigera pour elles l’amélioration de leurs conditions de travail.

L’école au temps de la colonie

Craie sur le bord d'un tableau

Au temps de la Nouvelle-France, il n’existe pas à proprement parler de système éducatif organisé, et la population canadienne est très faiblement scolarisée. Seuls quelques établissements dispensent un enseignement rudimentaire.

La grande majorité des écoles est fondée par des congrégations religieuses, lesquelles sont assujetties à l’autorité de l’évêque de Québec qui s’en sert pour favoriser l’évangélisation. Par exemple, citons l’école des Jésuites, ouverte en 1635, le Grand Séminaire de Québec, fondé en 1663, et le séminaire de Saint-Sulpice, en 1666.

Quant aux écoles destinées aux femmes, mentionnons celle dirigée par Marguerite Bourgeoys à partir de 1658 et l’hôpital-école des Ursulines, mis sur pied en 1697. Ainsi, à son origine, c’est l’Église catholique, et non l’État, qui gère l’éducation.

L’éducation sous la domination anglaise

Salle de classe

La Conquête anglaise de 1760 change considérablement la situation politique du Canada français. En bons conquérants, les Anglais tentent de mettre la main sur un système d’éducation vacillant, entreprise qui cependant restera vaine.

C’est plutôt en 1801 que des changements importants s’opèrent, à la suite de l’adoption de la Loi sur l’Institution royale par les autorités coloniales, qui crée des écoles royales de niveau primaire et donne à l’État la responsabilité en matière d’éducation.

Si ces institutions connaissent une relative popularité et que certains voient d’un bon œil cette volonté de démocratiser l’accès au savoir et de contrer un analphabétisme quasi généralisé, le clergé catholique s’y oppose, désirant protéger ses acquis, tant sur les plans confessionnel et linguistique que culturel.

La loi sur les écoles de l’Assemblée

Petite école de rang

C’est en 1829 que le « parti des patriotes » vote la Loi sur les écoles de l’Assemblée. Ces institutions primaires, nommées aussi écoles de syndic, sont administrées par des commissaires. Le gouvernement paie le salaire des maîtres et construit les édifices.

Bien que le secteur francophone soit sous le parapluie de l’Église catholique parce qu’il conserve son statut confessionnel, les orientations qui prévalent à la gestion éducative font preuve de modernisme et tendent vers un esprit laïque.

Malgré leur popularité, la Loi sur les écoles de syndic ne sera pas renouvelée en 1836, juste avant que n’ait lieu la rébellion de 1837-38. Cette période voit aussi se multiplier les collèges classiques et apparaître la première école normale à Montréal, qui forme les maîtres.

Le rôle de l’Église dans l’éducation

Bancs d'école

C’est en 1824 qu’est votée la Loi sur les écoles de fabrique, par laquelle le clergé vient concurrencer les écoles royales et celles de l’Assemblée. Sans connaître un grand succès, ces institutions marqueront néanmoins les orientations subséquentes du système scolaire, qui verra l’Église catholique y régner en maître.

À la suite de l’Acte d’Union, la Loi sur l’instruction publique est élaborée en 1841 et vise une seule et même école pour tous, mais accorde aussi un droit de dissidence.

Puis on crée les commissions scolaires en 1845, qui seront ensuite constituées selon leur confessionnalité par le Conseil de l’instruction publique (1856). Pendant que le secteur protestant se libéralise (l’Université McGill est inaugurée en 1829), l’école francophone, elle, demeure emprisonnée sous un cléricalisme étouffant.

La première école francophone d’Amérique

Université Laval

L’Université Laval, fondée par le Séminaire de Québec, ouvre ses portes dans cette même ville en 1852. C’est la première université francophone à voir le jour au Bas-Canada.

Les institutrices rurales

Institutrice écrivant au tableau

Les écoles de rang vont apparaître un peu partout dans la province, dans un contexte où l’État aura cédé à l’Église une bonne part de ses pouvoirs en matière d’éducation.

Si l’instruction se démocratise tranquillement, en partie à cause de la montée de l’industrialisation, un lien se fait néanmoins entre le désengagement de l’État, entraînant une baisse des salaires, et la féminisation croissante de la profession.

En effet, les écoles de rang sont essentiellement gérées par des institutrices aussi dévouées qu’exploitées, qui reçoivent des salaires médiocres, ne possèdent aucune sécurité d’emploi, doivent souvent débourser elles-mêmes pour les livres et le bois de chauffage, ne peuvent se marier et sont tenues de se justifier auprès des autorités religieuses.

La modernisation de l’éducation

Étudiant à l'ordinateur

Si, dans la première moitié du XXe siècle, l’Église continue d’exercer son emprise autant sur l’éducation que sur de grands pans du fonctionnement social, le Québec se modernise tout de même peu à peu.

En fait, deux groupes idéologiques, les libéraux et les ultramontains, s’affrontent dans l’arène sociale et mènent une lutte qui se résoudra à la Révolution tranquille. Au même moment, la démographie augmente rapidement et l’industrialisation bat son plein, entraînant l’essor de l’urbanisation.

Afin de fournir une main-d’œuvre qualifiée, des écoles techniques, supérieures et de métiers s’ouvrent dans les principales villes de la province. Ces avancées n’améliorent que partiellement la situation : l’accessibilité à l’éducation demeure peu démocratique, parce que coûteuse et souvent sexiste.

Le mouvement syndical des enseignants

Salle des enseignants

C’est dans la première moitié du XXe siècle qu’émerge le mouvement syndical des enseignants, initié par une femme de courage et d’idées : Laure Gaudreault.

En effet, face aux déplorables conditions de travail qui étaient le lot de bien des institutrices rurales, et face aussi au refus du gouvernement d’y remédier, Laure Gaudreault fonde la première association d’enseignantes en 1936.

Un an plus tard, 13 regroupements du genre se réunissent à La Malbaie, où ils forment ensemble la Fédération catholique des institutrices rurales. Portée à bout de bras par le courage de ses membres, l’organisation réussit à obtenir certains gains importants, notamment concernant les salaires.

La fédération évoluera au fil des ans pour devenir la CEQ, puis la CSQ.

La fréquentation scolaire obligatoire

Église et statue du Christ

Ce n’est qu’en 1943 que le gouvernement libéral d’Adélard Godbout vote pour la fréquentation scolaire obligatoire entre 6 et 14 ans, et ce, malgré l’opposition féroce de l’Église, soutenue entre autres par Mgr Paul Bruchési.

La réforme dans l’éducation

Cégep de Matane

Le Québec subit des bouleversements majeurs dans les années 60, et le système éducatif n’y échappe pas. Avec l’arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Lesage, et dans le prolongement des idées progressistes qui, finalement, prennent racine, la société québécoise accroît le pouvoir de l’État, se modernise, se laïcise et se démocratise : c’est la Révolution tranquille.

En 1961, l’âge de la fréquentation scolaire obligatoire est élevé à 16 ans et, à la suite des recommandations de la commission Parent, le ministère de l’Éducation est créé en 64, la gratuité scolaire réitérée, les cégeps sont mis sur pied et l’UQÀM ouvre ses portes.

Les progrès qui ont conduit au système éducatif d’aujourd’hui sont essentiellement tributaires des réformes initiées lors de la Révolution tranquille.

Le système d’éducation moderne

Écoliers

Bien que les réformes initiées sous la Révolution tranquille aient permis de rattraper un peu du retard considérable accumulé par le Québec au chapitre de l’éducation, des écueils guettent toujours l’accessibilité pour tous à une scolarisation adéquate.

Si le système d’éducation est plus démocratique qu’il ne le fut, le décrochage scolaire, l’endettement étudiant et le sous-financement du réseau sont autant de menaces. De fait, les coupures successives en éducation ont ouvert aux entreprises privées la porte des écoles, qui prêtent maintenant le flanc à la logique marchande.

Un taux d’analphabétisme encore trop élevé et des inégalités criantes entre les écoles privées et publiques s’ajoutent à la problématique. Comme quoi les acquis ne demeureront que si l’on est prêt à constamment les défendre...

Paragraphes soumis par les internautes

© PVP interactif / Les Productions Vic Pelletier inc. Tous droits réservés