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Encyclopédie collective / Série I / La prohibition au Québec

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La prohibition au Québec

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Rivière-Bleue la nuit

Des citoyens de Rivière-Bleue, au Témiscouata, n’ont pas oublié ce temps où leur petite ville connut une activité florissante et illégale : la contrebande d’alcool. Des années 20 jusqu’au début des années 30, Rivière-Bleue, localité à cheval sur la frontière canado-américaine, fut un témoin important du commerce clandestin de boissons alcoolisées entre le Canada et les États-Unis pendant la prohibition.

Complément d’information

La prohibition en Amérique du Nord

Cachette de contrebandiers

Vers la fin du XIXe siècle, la consommation d’alcool de la population au Canada et aux États-Unis inquiétait de nombreuses personnes ainsi que les autorités religieuses. L’abus de boissons alcoolisées était associé à divers maux et délits que les mouvements pour la tempérance souhaitaient réduire. Ces mêmes mouvements ne tardèrent toutefois pas à réclamer la prohibition pure et simple de l'alcool.

Née des efforts des partisans du mouvement pour la tempérance, la prohibition interdisait la vente et la consommation d’alcool. Si cette mesure législative fut établie en 1920 pour se terminer treize ans plus tard aux États-Unis, elle ne dura pas aussi longtemps au Canada.

En effet, toutes les provinces de l’époque votèrent une loi proscrivant l’alcool, mais la plupart l’abolirent au cours des années 20. Le Québec, pour sa part, considérant cette interdiction comme étant une mesure trop radicale, en cessa l’application après quelques semaines seulement, en 1919. Seule la province de l’Île-du-Prince-Édouard tint bon en prohibant les boissons alcoolisées pendant presque cinquante ans, soit de 1900 à 1948.

Si la prohibition eut pour effet de réduire les cas d'alcoolisme et la délinquance qui en résultait, elle permit en revanche à la contrebande de prospérer. La mafia put ainsi s’enrichir, notamment aux États-Unis, grâce à la production et à la distribution illégale de l’alcool dans les speakeasies, bars clandestins de l’époque.

Le célèbre criminel américain Al Capone fut d’ailleurs une figure emblématique de l’expansion de la mafia pendant la prohibition. L’alcool était rare mais très en demande, ce qui permettait aux contrebandiers d’augmenter les prix et de faire des profits importants.

Par ailleurs, comme la frontière entre le Canada et les États-Unis était très poreuse, plusieurs millions de litres d’alcool transitèrent illégalement entre les deux pays pendant la prohibition.

La mauvaise qualité de l’alcool fut une autre conséquence de la prohibition. Comme la fabrication de boissons alcoolisées était devenue clandestine, aucune norme ne régissait cette production et la qualité de l’alcool qui en découlait laissait souvent à désirer. De nombreux buveurs tombèrent gravement malades après avoir ingéré certains alcools concoctés avec des substances chimiques.

Au cours des années 20, plusieurs gouvernements des provinces canadiennes ayant abandonné leur loi sur la prohibition devinrent eux-mêmes vendeurs d'alcool, alléchés par les profits énormes que le commerce engendrait.

La commission des liqueurs de Québec

Affichage au néon

La Commission des liqueurs de Québec est, en quelque sorte, l’ancêtre de la Société des alcools actuelle. La Commission des liqueurs fut créée en 1921, après l’adoption de la loi sur les boissons alcooliques.

Le Québec se trouvait alors dans une situation unique par rapport au reste de l’Amérique du Nord : c’était la seule province à avoir rejeté la prohibition. Les Québécois préféraient prôner la modération plutôt que l’abstinence totale.

La Commission des liqueurs devait faire la gestion du commerce des vins et spiritueux. Elle s’occupait de contrôler la qualité des produits vendus et émettait également des permis pour les hôtels et les restaurants qui souhaitaient servir de l’alcool.

La Commission finit par avoir sa propre usine d’embouteillage un an après son apparition. Son existence ne plut toutefois pas à tout le monde : les distributeurs de vins et spiritueux perdaient ainsi une importante source de revenus tandis que les prohibitionnistes étaient déçus de voir la vente d’alcool encouragée par l’État.

Malgré tout, elle rapportera beaucoup d’argent, la Commission des liqueurs de Québec sera très appréciée par le gouvernement. Le Québec fit par ailleurs figure de pionnier dans le domaine de l’étatisation de l’alcool, puisque la Commission des liqueurs fut la première du genre en Amérique du Nord.

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