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Encyclopédie collective / Série IV / Joseph Venne architecte

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Joseph Venne architecte

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Maison de la rue Sherbrooke

C’est dans un Montréal en plein essor que l’architecte Joseph Venne fait ses premières armes. Né en 1858, il s’inscrit rapidement dans le réseau des architectes importants qui érigeront la plupart des bâtiments destinés aux Montréalais francophones.

Déterminé et perfectionniste, Venne planchera sur une centaine d’édifices, incluant plusieurs églises, des écoles et le fameux Monument-National. Cet homme à l’avant-garde de son temps intégrera dans ses constructions des matériaux novateurs : acier, béton et verre.

En plus de faire preuve d’une approche architecturale éclectique et audacieuse, Venne participe à la fondation de ce qui va devenir l’Ordre des architectes du Québec, ainsi qu’à l’élaboration d’un code du bâtiment de la Ville de Montréal visant à établir des standards de qualité et de sécurité.

Le Monument-National

Monument-National

C’est à l’Association (devenue Société) Saint-Jean-Baptiste (SSJB) que l’on doit l’idée de construire un centre communautaire multifonctionnel ayant pour mandat de combler les lacunes en matière d’institutions et de promouvoir la culture canadienne-française.

Inauguré en 1893, le plus ancien théâtre québécois encore en fonction fut conçu par la firme Perrault, Mesnard et Venne. Situé rue Saint-Laurent, frontière symbolique entre les communautés anglophone et francophone, l’édifice de quatre étages, d’un éclectisme inspiré de la Renaissance, intégrait un matériau encore peu utilisé à l’époque : l’acier.

S’y côtoyaient une salle de spectacle, une université populaire, des espaces commerciaux, un musée et l’administration de la SSJB. Dès ses débuts, le Monument-National connut un vif succès : y défileront des personnalités importantes des milieux artistiques, communautaires et politiques.

Si le Monument-National est maintenant reconnu comme une importante salle de spectacle, il ne faudrait pas oublier que, durant la première moitié du XXe siècle, l’édifice a aussi joué le rôle d’une agora : un lieu privilégié pour les débats politiques et les échanges d’idées.

Ses locaux ont accueilli des hommes politiques tels Honoré Mercier, Wilfrid Laurier, Henri Bourassa, Lionel Groulx et Pierre Bourgault. C’est aussi en ses murs que se réunissaient les suffragettes, ces féministes de la première heure, dont faisaient partie Marie Gérin-Lajoie et Idola Saint-Jean.

En plus d’avoir amassé des fonds pour ériger le bâtiment, elles mirent sur pied des groupes d’entraide et des cours destinés aux femmes, et se servirent de cette tribune pour exiger leur droit de vote.

La salle de spectacle du Monument-National

Salle de spectacle du Monument-National

Dans les premières décennies de son histoire, les planches du Monument-National ont vu défiler plusieurs troupes et de nombreux spectacles. En fait, l’édifice accueillait des vedettes de la chanson (Alys Robi, La Bolduc...), des troupes lyriques, des concerts, des opérettes, des « veillées patriotiques », en plus d’être un lieu d’émergence du théâtre burlesque : Olivier Guimond y tint ses représentations et Gratien Gélinas y joua ses Fridolinades.

Bien que le Monument-National ait eu pour mission de rejoindre un public canadien-français, il devint rapidement un important foyer de diffusion du théâtre yiddish en Amérique du Nord. Ainsi, ce centre à vocation multiple vit sa scène se transformer en lieu de rassemblement multiculturel, où se côtoyaient les communautés francophone, anglophone, chinoise et juive.

La salle de spectacle du Monument-National, située au premier étage de l’édifice, pouvait accueillir jusqu’à 1620 personnes. Depuis les travaux de restauration achevés en 1993, l’édifice possède trois salles de spectacle (dont une à géométrie variable) qui peuvent asseoir environ 1000 personnes.

C’est en 1978 que l’École nationale de théâtre prit possession de l’édifice et lui redonna un second souffle. Devenu monument historique en 1976, il sert maintenant de lieu de création et de diffusion pour les étudiants de l’École, mais aussi de salle de spectacle pour tous les artistes.

Un projet de restauration fut entrepris en 1989, afin de moderniser le bâtiment. Les travaux se terminèrent en 1993, à temps pour le centième anniversaire. À l’image du Monument-National lui-même, la rue Saint-Laurent s’est transformée ces dernières années et a regagné quelques-uns des galons que sa réputation sulfureuse lui avait fait perdre.

Toujours aussi vivante et cosmopolite, la Main est maintenant une rue branchée et un quartier de prédilection pour les entreprises de multimédia.

Le rôle institutionnel du Monument-National

Escalier du Monument-National

Par le biais du Monument-National, et dans la foulée des besoins nouveaux suscités par la société industrielle, la SSJB entendait favoriser l’éducation des Canadiens français. Ainsi, des locaux furent aménagés, où étaient dispensés des cours techniques offerts gratuitement aux adultes.

En fait, dans la première moitié du XXe siècle, le Monument-National fit office d’université populaire. D’ailleurs, l’École polytechnique, l’École des Hautes Études commerciales et le Conservatoire d’art dramatique en sont en quelque sorte issus.

Le célèbre édifice accueillit aussi la toute première bibliothèque municipale francophone, qui vit enfin le jour en 1903, après des décennies de réticences cléricales et de tergiversations. Elle fut fondée par Eva Circé-Côté, qui en devint la première conservatrice.

Le boulevard Saint-Laurent de Montréal

Église du boulevard Saint-Laurent

L’histoire du boulevard Saint-Laurent, communément appelé
la Main, remonte à l’origine de la colonie française. Établie en 1672 sous le nom de rue Saint-Lambert, cette voie menait à la campagne une fois la porte Saint-Laurent franchie ; la ville fut fortifiée de pierre en 1717.

En somme, elle est la plus vieille artère municipale en direction nord, et l’axe nord-sud le plus important. À l’époque, les cultivateurs l’empruntaient pour aller vendre leurs produits ou pour s’approvisionner.

En 1792, une trentaine d’années après la Conquête, cette rue devint officiellement la ligne de partage entre l’est et l’ouest de Montréal. Une immigration anglaise, écossaise et irlandaise vint grossir rapidement les rangs de la population. Depuis lors, la Main continue d’être une frontière symbolique délimitant les villes francophone et anglophone.

Vers 1800, le sud de la rue Saint-Laurent séduisait encore la bourgeoisie et abritait le quartier des affaires. Cinquante ans plus tard, avec l’industrialisation et la prolifération des manufactures, cette artère voyait son paysage changer.

Des vagues successives d’immigrants débarquèrent, mais aussi des gens de la campagne venus tenter leur chance en ville et qui, souvent, devenaient une main-d’œuvre bon marché pour les usines de vêtements.

D’abord arrivèrent des Juifs, fuyant les pogroms, des Italiens, puis des Chinois venant de la Colombie-Britannique, suivis des Grecs, des Portugais et, enfin, des Antillais, des Africains, des Latino-Américains et des Asiatiques.

La rue Saint-Laurent a toujours constitué la principale porte d’entrée et une terre d’accueil pour ces nouveaux arrivants. Le caractère cosmopolite, qui a forgé la renommée du boulevard, prend là ses plus profondes racines.

Bien qu’à l’époque les mœurs fussent, du moins en grande partie, soumises à l’emprise du clergé, la nuit venue les interdits se dissipaient et la Main s’animait, séduisant ses visiteurs par les parfums sulfureux des plaisirs illicites qu’elle promettait.

Souvent comparé à un petit Chicago, le Red light devint, au tournant des années 50, un paradis pour la pègre et la prostitution. C’est pourquoi le maire de Montréal, Jean Drapeau, entreprit d’y faire un grand ménage en 1954. Plusieurs clubs furent fermés, entraînant dans un effet domino le déclin de la Main.

Complément d’information

Montréal au temps des années folles

Montréal la nuit

Montréal s’est forgée une réputation de ville festive, et un coup d’œil sur son histoire suffit pour constater que cette particularité ne date pas d’hier. Si des auberges existaient déjà au temps de la colonie, c’est au début du XXe siècle, à la suite de l’ouverture des théâtres et du boom artistique qui s’ensuivit, que s’amorça l’ère des années folles.

La prohibition de l’alcool aux États-Unis ainsi que le besoin de se divertir, accentué par un contexte de crise économique, en favorisèrent le développement. La Main se retrouva donc en plein cœur de l’action, voyant pousser comme des champignons les cabarets, salles de spectacle, tavernes, maisons de jeu et maisons closes. Des fumeries d’opium apparurent à quelques pas de là, dans le quartier chinois.

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