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Série III /
Gaby Pleau, la reine des neiges
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À une époque où le rôle de la femme se résume à s’occuper du foyer, Gabrielle Pleau, surnommée « Gaby », devient la première Québécoise francophone à faire partie de l’équipe canadienne de ski alpin. Pionnière dans plusieurs domaines, elle saura faire sa marque dans le monde du sport. En 1946, un accident à la jambe met fin à sa fulgurante carrière.
C’est en 1920 que Gabrielle Pleau vit le jour à Loretteville. Cinq ans plus tard, la mort de son père vint assombrir le portait familial. Seule avec quatre enfants, sa mère dut prendre la relève de l’entreprise de traitement de la fourrure laissée par son mari. Ses quatre filles durent mettre la main à la pâte et participer aux tâches de la maison.
La nature sportive de Gaby Pleau apparut dès son jeune âge. Les voisins l’appelaient « la diablesse », car elle était très active et préférait la compagnie des garçons. Comme eux, elle aimait le dynamisme des sports et n’avait pas peur de se salir. Elle pratiqua très tôt la course, la raquette et le ski de randonnée. Partout, ses performances attiraient l’attention.
À l’adolescence, les talents de Gaby Pleau étaient déjà bien connus des gens de Loretteville. Le maire venait régulièrement demander la permission maternelle pour qu’elle puisse défendre l’honneur de la ville lors des compétitions. Ses victoires en raquettes ou en patinage de vitesse lui permirent d’affronter les meilleures compétitrices de la région.
D’abord passionnée par le ski de randonnée, Gaby se tourna ensuite vers le ski alpin, qu’elle trouvait plus excitant. Vers la fin des années 30, ce sport connut un essor important et, dès le début des compétitions, elle se tailla une place de choix parmi les meneuses de la région. On la disait déjà promise à une carrière fulgurante.
Dans les années 30, le ski alpin fit son entrée parmi les disciplines olympiques. Malheureusement, la Deuxième Guerre mondiale éclata, et les Jeux furent reportés. Gaby ne participera jamais à cette compétition mondiale en raison d’un accident de ski.
La carrière de Gaby Pleau se termina brusquement en 1946, en Californie, lorsqu’elle se fractura la jambe droite à huit endroits. Ironiquement, sa chute d’une soixantaine de mètres ne ralentit pas sa course, et on lui annonça qu’elle se classait sixième sur 35 participantes. Elle passa six mois dans le plâtre et échappa de justesse à l’amputation.
Même si sa carrière de skieuse fut abruptement écourtée, Gaby Pleau fut une pionnière dans le domaine sportif au Québec. En partie grâce à elle, un grand nombre d’athlètes féminines peuvent maintenant vivre
Le Musée du ski, situé à Québec, est un bon endroit pour en apprendre davantage sur l’histoire de ce sport d’hiver. Il ouvrit ses portes pour la première fois en 1989, à l’instigation de François Pichard. On y expose divers objets anciens, coupures de presse, photos et films conservés pendant des années par d’anciens skieurs passionnés.
Le coeur des Laurentides
On dit que le ski est né en Finlande, il y a plus de 5 000 ans. On s’en servait alors pour le transport, la chasse et la guerre. Déjà pratiqué comme sport en Europe depuis quelques siècles, il apparaît au Canada en 1904. Les premières compétitions de ski de randonnée et de sauts ont alors lieu, orchestrées par le tout nouveau Montreal Ski Club.
L’entreprise Pleau a plus de 75 ans d’expérience dans la création de vêtements de sport. À ses débuts, la manufacture familiale fournissait les bottes de ski aux équipes nationales canadiennes. La compagnie est aujourd’hui reconnue pour sa gamme de chapeaux de fourrure. En hiver, il n’est pas rare de voir des gens arborer les produits Pleau.
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