Activer l'ambiance

À visiter

Coffrets DVD

Choisissez le coffret DVD qui correspond le mieux à vos intérêts !

4
DVD

Aventures maritimes
Coffret de 4 DVD
(+ détails) 29,99 $

Histoires oubliées

http://www.histoiresoubliees.ca

Histoires oubliées est une série documentaire qui s'inspire de faits authentiques, d'événements marquants gravés dans notre mémoire collective.

Vous consultez :  
Encyclopédie collective / Série IV / Elspeth Russell, une femme dans le ciel

Rechercher

Vous aimez ce texte ?

Jetez un coup d'oeil à l'émission

Elspeth Russell, une femme dans le ciel

Visionner la bande annonce Accéder à l'encyclopédie Acheter ou louer


Avion de guerre

La Seconde Guerre mondiale a semé la dévastation sur son passage et fauché des millions de vies. Paradoxalement, elle a permis à certaines femmes de prendre leur envol et d’accéder à des domaines d’activités qui avaient jusque-là été réservés aux seuls hommes.

Ce fut le cas d’Elspeth Russell, l’unique Québécoise engagée comme pilote civil dans la Air Transport Auxiliary (ATA), une organisation anglaise chargée de livrer les avions neufs sortant des usines.

Avec pour mission quotidienne de mener à bon port quatre ou cinq avions différents, volant à vue dans des conditions souvent difficiles et sans système radio, la jeune femme aura livré 291 appareils en moins de trois ans.

C’est dans ce contexte qu’elle fit la connaissance de son mari, Gerry Burnett, avec qui elle fondera plus tard la Matane Air Services. Elle fut aussi la seule femme à atterrir au Panthéon de l’air et de l’espace du Québec, où elle fut intronisée en 2002.

Complément d’information

La Air Transport Auxiliary

Avion de guerre

C’est en 1939, aux premiers instants de la Seconde Guerre mondiale, que la Grande-Bretagne mit sur pied la Air Transport Auxiliary (ATA).

Affectée au transport du courrier et à l’approvisionnement de l’armée, l’organisation ajouta rapidement à ses fonctions le convoyage d’avions de combat.

Dès ses débuts, l’ATA accueillait les femmes, si bien que parmi ses quelque 1 460 pilotes, 160 étaient de sexe féminin. Seule Québécoise dans les rangs, c’est au sein de cette institution qu’Elspeth Russell fit carrière comme pilote.

Avant d’être dissoute à la fin de la guerre, l’ATA et ses aviateurs auront livré, d’un point à l’autre du territoire allié, près de 310 000 avions : des Mosquito, des Spitfire, des Hurricane et bien d’autres modèles.

L’enrôlement des femmes pendant la guerre

Avion de guerre

Si les femmes ont toujours mis l’épaule à la roue en temps de conflit, avant la Seconde Guerre, du moins au Canada, elles ne pouvaient pas s’enrôler officiellement.

Tous les citoyens devaient participer à l’effort de guerre et se soumettre au rationnement ; certaines femmes servirent comme infirmières (ce qui constituait un corps d’élite), pendant que d’autres travaillèrent dans les usines d’armements ou de munitions.

Il faudra l’exemple des Anglaises (qui joignirent les rangs de l’armée en 38), jumelé à une pénurie d’effectifs masculins, pour que l’enrôlement des femmes soit envisagé.

La première section féminine de l’Aviation royale du Canada fut inaugurée en juillet 1941 ; le mois suivant, c’était le Service féminin de l’Armée canadienne, puis, en 42, celui de la Marine.

Le rôle des femmes en temps de guerre

Infirmière soignant un blessé

À l’origine, les corps féminins étaient considérés comme
« auxiliaires » et leur personnel, constitué de volontaires, se voyait assigné à des tâches dites féminines, ce qui libérait les hommes pour aller se battre au front.

Plus la guerre avançait, plus les ressources humaines venaient à manquer, ce qui fit en sorte que les femmes touchèrent peu à peu à des métiers traditionnellement masculins, sans toutefois recevoir le même salaire ni pouvoir combattre.

En tout, plus de 45 000 Canadiennes s’engagèrent durant le conflit, mais seulement une sur neuf fut affectée outre-mer. Dès la guerre terminée, les autorités s’empressèrent de fermer les unités féminines et de renvoyer les femmes… à leur cuisine !

Les femmes au sein de groupes paramilitaires

Infirmière soignant un blessé

Avant la création du Service féminin de l’Armée canadienne, il existait au Canada divers groupes paramilitaires destinés aux femmes. Ceux-ci virent le jour un peu partout au Canada.

Ces organisations bénévoles apprenaient aux femmes la mécanique, le maniement d’armes, la lecture de cartes, le code morse, l’administration et les premiers soins. Elles firent aussi pression pour l’intégration des femmes au sein de l’armée.

L’industrie de la guerre au Québec

Usine sous haute protection

Dans les années 40, l’industrie de la guerre est extrêmement rentable au Canada, et le Québec, principal fournisseur d’arsenal guerrier destiné aux Alliés, en bénéficie largement.

Si le début des années 30 fut un temps de misère économique, le début de la guerre fit chuter radicalement le taux de chômage et stimula l’industrie, particulièrement celle des secteurs militaires qui quintupla.

À titre d’exemple, la ville de Saint-Paul-l’Ermite (Le Gardeur) accueillait une usine d’armements qui comptait 450 bâtiments et s’étendait sur 15 kilomètres.

La Grande-Bretagne était la principale bénéficiaire de la production canadienne, qui fabriqua des fusils et des armes, un grand nombre de navires, des aéronefs, des canons et quelque 815 000 véhicules militaires.

Le vote pour la conscription

Vote pour la conscription

Toutes les provinces canadiennes ont voté en faveur de la conscription, à l’exception du Québec, où plus de 70 % de la population s’y est opposée. Elle dut tout de même s’y soumettre, comme le million de Canadiens qui ont servi lors de cette guerre.

L’effort de guerre des femmes pendant la Deuxième Guerre

Garderie

Durant la Deuxième Guerre, les besoins en armements, munitions et produits de toutes sortes sont quasi infinis et plusieurs travailleurs, à la suite de la conscription, durent quitter pour l’Europe et laisser derrière eux des usines en proie à un manque de main-d’œuvre.

C’est ainsi que la société, qui en temps normal ne valorisait pas le travail des femmes mariées à l’extérieur du foyer, les encourageait maintenant à se joindre à l’effort de guerre.

Diverses mesures incitatives furent instaurées : un salaire intéressant, des garderies gratuites et des exemptions d’impôts. Un service national sélectif fut même créé par Mackenzie King en 1942, lequel visait à employer toutes femmes aptes au travail.

Ainsi, durant ces quelques années, le Québec fourmilla de besogneuses affairées à la production de l’arsenal guerrier.

Le droit de vote des femmes

Guerre et droit de vote des femmes

Après avoir mobilisé les femmes lors de la Première Guerre mondiale, la société ne put faire autrement que de reconnaître, à la suite du rôle important qu’elles y avaient joué, qu’elles étaient des citoyennes capables d’occuper les mêmes places que les hommes sur l’échiquier du travail.

Ainsi, il semble que cette situation ait servi d’argument pour l’obtention du droit de vote des femmes. Celui-ci fut admis par le gouvernement fédéral en 1918, date qui coïncide avec la fin de la Première Guerre mondiale. Quant aux femmes autochtones, elles ne l’obtinrent que bien plus tard, en 1960.

L’avancement des droits des femmes

Couloir

Un scénario similaire se produisit lors de la Seconde Guerre mondiale, qui vit enfin les femmes obtenir le droit de vote au Québec, en 1940.

Même si, à l’époque, la gent féminine semblait gagner beaucoup de terrain, son émancipation demeura circonstancielle : elle se présenta au moment de la conscription mais, lorsque les hommes rentrèrent au bercail, les femmes furent fortement invitées, si ce n’est forcées, à leur céder le pas.

Malgré tout, cet épisode aura permis l’acceptation sociale d’un travail dit « féminin » avant le mariage de celles-ci, de la même façon qu’il pavera la voie pour les avancées du mouvement féministe des années 70.

L’image de la « reine du foyer »

Femme cultivant son jardin

La liberté et l’autonomie gagnées par les femmes durant la guerre sembla, peu après, poser problème à la partie conservatrice de la société. En effet, les hommes, revenant en masse d’Europe à la suite de la signature de l’armistice de mai 1945, désiraient reprendre leur vie comme leur travail.

On tenta donc de convaincre les femmes de rentrer chez elles et, à ce titre, le gouvernement abolit les mesures (garderies, exemptions d’impôts) qui favorisaient leur employabilité.

Mais ce n’est pas tout. Une campagne médiatique redora l’image de la « reine du foyer », cette dévouée mère de famille régnant sur son royaume, bienheureuse dans un confort domestique facilité par l’invention de multiples appareils ménagers.

C’est l’époque du baby-boom, mais c’est aussi le dernier répit avant que ne chargent les féministes.

Le mouvement féminisme au Québec

Mouvement féministe au Québec

Plusieurs événements ont concouru à la montée du mouvement féministe, dont les plus significatives avancées eurent lieu dans les années 70. D’abord apparut la pilule contraceptive en 1960. Bien qu’elle restât illégale jusqu’en 1969, elle révolutionna les mœurs sexuelles et la vie des femmes.

De façon générale, l’émancipation de la femme fut encouragée par la Révolution tranquille, qui libéra la société du joug de l’Église (laquelle avait toujours tenu les femmes sous domination), initia un nouveau fonctionnement social et démocratisa l’éducation.

En 1964, la loi 16 abolit l’incapacité juridique de la femme mariée. Puis, en 1967, se tint la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme. Le rapport donna des munitions aux féministes qui, avec le temps, finirent par faire admettre socialement la nécessité de l’équité entre les sexes.

Les femmes dans le monde de l’emploi

Femme au travail

Si, en principe, l’égalité entre les sexes est chose acquise au Québec et si les droits de la personne empêchant toute discrimination sont enchâssés dans la Constitution, il n’en demeure pas moins que des injustices subsistent.

La question de l’équité salariale le démontre bien : il reste du travail à faire avant qu’à boulot comparable, le salaire le soit aussi.

Dans les faits, les femmes sont plus nombreuses à être monoparentales, occupent plus souvent des emplois précaires, ont peu accès aux postes de direction et sont encore, en moyenne, payées aux deux tiers du salaire des hommes (environ 71 % en 2002).

Évidemment, tout ceci est sans compter les mauvais traitements, les humiliations et le pouvoir quasi absolu qu’exercent certaines organisations sociales sur des millions de femmes d’ici et d’ailleurs.

C’est dire que le combat pour l’équité entre les sexes reste encore une lutte à finir.

Paragraphes soumis par les internautes

© PVP interactif / Les Productions Vic Pelletier inc. Tous droits réservés